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Présentation du département de philosophie

Le Département de philosophie de l’Université de Toulouse 2 offre, de la Licence au Doctorat, une formation qui associe un enseignement fort d’histoire de la philosophie à la compréhension des problèmes généraux de la philosophie (métaphysique, morale, éthique, politique, esthétique, etc.).

Motion du conseil de département de philosophie (Université Toulouse Jean Jaurès), lundi 12 octobre 2026

Le Conseil du département de philosophie de l’Université Toulouse – Jean Jaurès exprime son plein soutien à la mobilisation lycéenne et étudiante en cours, ainsi qu’aux revendications qu’elle porte en faveur d’un service public d’éducation et d’enseignement supérieur accessible à toutes et à tous, doté des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions.

Le Conseil :

- Condamne fermement la violence de la répression policière exercée depuis plusieurs semaines contre les lycéen·nes et, désormais, les étudiant·es mobilisé·es. Il condamne en particulier la décision de la présidente de l’Université Toulouse – Jean Jaurès de faire appel aux forces de l’ordre pour l'évacuation d'un bâtiment occupé le vendredi 2 octobre 2026, intervention au cours de laquelle plusieurs étudiant·es auraient notamment subi des décharges de pistolets à impulsion électrique directement sur la peau nue. Cette décision a désavoué la position de l'AG de l'UFR concernée, qui venait d'exprimer son opposition à toute intervention policière sur le campus. Le Conseil demande que toute la lumière soit faite sur ces violences et rappelle que le recours à la force et la banalisation de la présence policière sur le campus ne sauraient constituer une réponse ordinaire à la mobilisation étudiante.

- Rappelle que les libertés d’expression, de réunion et de manifestation sont des droits fondamentaux, dont l’exercice doit être garanti, y compris aux mineur·es. La protection due aux enfants et aux adolescent·es ne saurait être suspendue au motif de leur participation à un mouvement social. Le Conseil dénonce à cet égard toute forme d’adultisme, qui consiste à disqualifier la parole et l’engagement politique des jeunes en raison de leur âge, plutôt qu’à les reconnaître comme des sujets de droits et des acteurs de la vie démocratique. Il dénonce la criminalisation de la jeunesse dont témoigne le nombre effarant d'arrestations et de gardes à vue de lycéen·nes, pratiques dignes des régimes les plus autoritaires.   

- Soutient les revendications portées par la mobilisation, qui rejoignent directement les préoccupations de l’enseignement supérieur : un investissement public d’urgence de 10 milliards d’euros et la mise en œuvre des dix mesures revendiquées, notamment la rénovation des bâtiments scolaires et universitaires et leur adaptation à la crise climatique, le recrutement d’enseignant·es et de personnels administratifs et de santé, la lutte contre la précarité lycéenne et étudiante, la mise en place d’alternatives à Parcoursup et Mon Master, l’augmentation des capacités d’accueil dans les filières universitaires et la suppression des frais d’inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires. Il demande que ces revendications soient prises en compte dans les discussions budgétaires en cours.

- Souligne que cette mobilisation révèle des inégalités structurelles croissantes au sein du système éducatif, particulièrement sensibles dans les établissements accueillant les élèves des milieux populaires. La dégradation des conditions d’étude, les effectifs surchargés, les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur et la sélection croissante compromettent l’égalité réelle devant l’éducation. Ces inégalités, qui se construisent dès l’enfance, ne sauraient être corrigées par la seule invocation de l’égalité des chances : elles appellent une politique résolue de réduction des inégalités sociales et scolaires.

- Défend le maintien d’une université ouverte pendant les mobilisations, afin de préserver les espaces de débat, de délibération et d’organisation collective, mais aussi de permettre la tenue de cours alternatifs, de conférences et de discussions dans le cadre de la grève. Il s’oppose à la généralisation des fermetures administratives, qui privent la communauté universitaire de ces espaces essentiels à la vie démocratique. L’université doit demeurer un lieu de production et de transmission des savoirs, y compris lorsque les formes ordinaires de l’enseignement sont suspendues ou réinventées par la mobilisation.

- S’oppose à toute incitation à substituer systématiquement l’enseignement à distance aux cours en présentiel en période de mobilisation. Les effets inégalitaires de ces dispositifs ont été largement documentés pendant la crise sanitaire. Leur généralisation risque de renforcer les inégalités entre étudiant·es et de compromettre les possibilités de rencontre, de discussion et d’organisation collective au sein de l’université.

- Apporte son soutien à la mobilisation du 13 octobre 2026, ainsi qu’aux manifestations et initiatives collectives réunissant, à Toulouse comme dans le reste du pays, les lycéen·nes, les étudiant·es et les personnels de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le Conseil du département de philosophie réaffirme son attachement à une école et à une université publiques, démocratiques et émancipatrices, fondées sur l’égalité des droits, la liberté d'expression et la possibilité, pour toutes et tous, de participer à la vie collective.
 
 
 

Hommage à Pierre Kerszberg (le 22 septembre 2026)


Pierre Kerszberg s'est éteint vendredi 18 septembre. 

Spécialiste de phénoménologie et de philosophie des sciences, il a notamment enseigné à l'université de Sydney et à Penn State, avant de rejoindre le département de philosophie du Mirail, où il a exercé pendant plusieurs années la fonction de directeur du département de philosophie et de la revue Kairos. 

Si son nom est sûrement inconnu aux étudiant-e-s les plus jeunes, celles et ceux qui ont eu la chance de suivre ses cours jusqu'en 2017 se rappelleront sa voix calme et posée qui donnait vie à la phénoménologie husserlienne, son enthousiasme communicatif qui rendait la cosmologie passionnante, sa rigueur et son étonnement toujours renouvelé dans la lecture des textes. 

Pierre Kerszberg a mis sur la voie de la réduction phénoménologique plusieurs générations d'étudiants, il les a aussi introduits à l'œuvre de Marc Richir, dont il avait été le premier doctorant, mais jamais le disciple. L'exemple qu'il a donné est celui d'une pensée libre, qui suit sa pente singulière. 

Nous nous souviendrons aussi de sa passion pour la musique, à laquelle il a consacré son dernier ouvrage publié en 2021. 

Aujourd'hui, ce n'est pas simplement un chercheur reconnu que nous perdons, c'est aussi un enseignant qui maniait l'art subtil de concilier une grande culture et une grande humilité, un humour délicat et une exigence constante. En trois mots: une grande humanité.

Le prochain numéro de la revue Kairos lui sera dédié.

Régis Tomàs et Anne Coignard




Foire aux questions pour les futur.e.s étudiant.e.s